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Fiche anthropométrique

  • NOM : Lopez
  • PRENOM : Emilie
  • PSEUDO : Wondie
  • AGE : 33 ans
  • PROFESSION : –

COMPTE-RENDU D’INTERROGATOIRE.

 

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Avez-vous déjà été victime d’un acte de harcèlement de rue (ou ailleurs) ? Comment avez-vous réagi ?

Malheureusement, oui. Certains pensent que d’hurler des saloperies à des femmes dans la rue, les feront fondre de plaisir. Le plus souvent, j’essayais de les ignorer. Et là c’est les insultes : « putes, grosses, moches » etc. Parfois, j’ai essayé l’ironie mais on ne sait jamais comment certains vont réagir.

Quelles solutions voyez-vous pour bannir le harcèlement de rue ?

L’éducation. Il faut arrêter les stéréotypes macho. Les garçons ne doivent pas pleurer et faire comprendre que les femmes font ce qu’elles veulent de leurs corps (vie sexuelle, avortement…). Arrêter de juger sur l’apparence, élargir l’horizon intellectuel des enfants. Je ne pense pas que sanctionner le harcèlement de rue soit efficace à long terme.

Avez-vous été victime ou confrontée à un acte de discrimination au travail ? Lequel ?

J’ai de la “chance” et c’est terrible de dire ça. J’ai des collègues qui ont eu des remarques sexistes de la part de supérieurs hiérarchiques. Et le pire c’est qu’elles n’osent pas en référer à la directrice car ce sont des « vieux » cons et qu’ils ne changeront pas.

On parle beaucoup de la place des femmes en ce moment (Grand prix d’Angoulême, moins de femmes au gouvernement depuis le remaniement…). Pensez-vous que l’on en fait assez à l’heure actuelle pour faire bouger les choses ?

Je pense qu’on n’en fait jamais assez mais de plus en plus de personnes prennent conscience du problème des violences faites aux femmes et de l’inégalité sociale . Les réseaux sociaux ont donné le pouvoir à des personnes lambda qui, indignées par la situation, peuvent mettre en avant des injustices que les médias ignorent ou ne mettent pas en avant.

A votre avis, quelles actions sont ou seraient les plus efficaces à l’heure actuelle ? Faut-il instaurer des quotas de femmes ? Renforcer des actions plus fortes comme le font les Femen ?

Le système des quotas est une bonne chose dans un premier temps mais il ne faut pas s’enfermer dans cette politique. Par la suite, il faut changer les mentalité grâce à l’éducation par le biais de l’école et les médias.

Pensez-vous que la bande dessinée ou d’autres médias culturels, la pop-culture en particulier, soient de bons moyens de lutter contre l’exclusion et la maltraitance faites aux femmes ?

Oui, c’est un bon moyen parce que la pop cuture est abordable pour tous. Tout le monde a accès aux séries TV, aux livres ou aux bandes dessinées car c’est une culture accessible intellectuellement sans être « facile ». Et surtout il y a une évolution positive de la manière dont est perçue la pop culture. Déjà elle touche une plus grande audience et surtout elle n’est plus seulement de l’entertainment mais elle est également génératrice de réflexions sur des problèmes de société.

 

Que vous évoquent les thèmes abordés dans BITCH PLANET ?

Bitch Planet frappe un grand coup dans les gonades ! Sous couvert d’un récit de science fiction grindhouse, Kelly Sue DeConnick livre un récit engagé et féministe. Mais ce que j’ai le plus apprécié c’est l’humour grinçant qui a servi à dépeindre la pression sociale faites aux femmes. C’est un nouveau souffle pour les créatrice/artiste de comics.

Pensez-vous que notre société ait progressé sur les questions de discriminations faites aux femmes depuis 10 ans ?

Au moment où j’écris, nous sommes le 8 mars, journée contre les violences faites aux femmes. C’est important d’avoir une journée qui serve de « vitrine » pour une cause qui est loin d’être gagné. Il y a toujours autant de violences faites aux femmes, de discriminations à l’embauche, de harcèlement au travail et l’observatoire de la santé a remarqué une augmentation des infarctus chez les femmes dus au tabagisme et au stress de la vie quotidienne (famille monoparentale, travail…).

Les statistiques de la lettre de l’observatoire national des violences faites aux femmes (publication de novembre 2015) sont effrayantes :

–         en 2014, 118 femmes ont été tuées par leur conjoint(e).

–         chaque année, 223 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences conjugales dans ses formes les plus graves.

En moyenne, chaque année 84 000 femmes sont victimes de viols ou tentatives de viol

Quelles solutions préconiseriez vous pour enrayer ces statistiques ?

Dans un premier temps, durcir les sanctions pénales notamment pour les viols. Il faudrait également voir dans ces chiffres combien d’hommes sont des récidivistes et proposer un accompagnement psychiatrique pendant et après sa peine. C’est une douce utopie vu l’état de notre politique de santé.

Concernant la violence faite aux femmes, c’est une question compliquée et je n’ai malheureusement pas de solutions qui me viennent en tête.

Que retenez-vous de la lecture de BITCH PLANET ?

C’est un comic book avec beaucoup de qualités. Valentine De Landro retranscrit parfaitement l’ambiance grindhouse/science fiction tout en ayant un style assez réaliste. Je suis aussi époustouflée par le travail de colorisation. On retient un message politique fort et des combats acharnés ! Le combat pour la survie de ces femmes en prison (c’est également le cas dans la vraie vie) et une représentation de la pression sociale que peuvent ressentir les femmes au quotidien. Sois belle et tais-toi.

Ce récit d’anticipation vous semble-t-il si éloigné que ça de notre réalité ?

Bitch Planet est une satire sociale. Il y a pas mal d’humour, des combats de la science fiction. Je pense que Kelly Sue DeConnick a utilisé ce comic book d’action et de science fiction pour faire passer ses idées et préoccupations ainsi que susciter la réflexion.

Et vous, dans l’univers de BITCH PLANET, seriez-vous jugée nonconforme (NC) ? Pourquoi ?

Certainement ! De part mon physique, ma sexualité ou encore mes idées politiques, je ne serai certainement pas conforme !

ET VOUS, ÊTES-VOUS NON-CONFORME ?

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