À celui ou celle qui trouvera ce dossier,

Je m’appelle Elliott Sullivan et j’occupe la chambre 106B. Si vous lisez ces quelques lignes, cela signifie probablement que mon vieux cœur aura finalement lâché pour de bon.

Nul besoin de me plaindre ou d’éprouver une quelconque tristesse à mon égard. J’ai vécu pleinement et je pars en paix.

Mon nom vous dit peut-être quelque chose. La presse de l’époque m’avait surnommé “Elliott, le disparu de Coronado Lane“.

On a écrit et dit beaucoup de choses sur le drame qui a frappé ma famille.

Peu d’entre elles sont vraies.

Le croquemitaine voyage de nuit,

Dans toutes les caves, sous tous les lits,

Il traine ses guêtres sans aucun bruit,

Prends garde à toi, passé minuit.

Aucune serrure, ni aucun piège,

Ne peut stopper son grand manège,

Ça fait cent ans, ça fait mille ans,

Qu’il croque sans faim, petits ou grands.

Que tu sois maigre, ou bien potelé,

Seul lui importe, en vérité,

Tes idées noires, tes idées folles,

Tes rêves morbides, dont il raffole.

Ni cris ni pleurs, ne te sauveront,

Une fois le pied dans ta maison,

Oublie amis, proches et parents,

Quand sur ton lit, son ombre s’étend.

Comptine populaire du XIXème siècle – auteur inconnu

Dans mes souvenirs, il me cherchait à l’Hôtel.

Je l’ai aperçu avec la vieille et le tueur. Il sentait le foin et ses articulations grinçaient.

Il contrôlait les corbeaux.

Elle était avec le tueur chez moi !!!

… à suivre.

Passionné de lecture, Elliott a toujours eu une préférence pour les histoires de Croquemitaines, ces créatures monstrueuses qui, la nuit, se cachent dans l’ombre ou sous le lit pour effrayer les petits enfants. Il n’imagine pas à quel point elles vont changer sa vie… Témoin du meurtre sanglant de ses parents, il va découvrir qu’en réalité, les Croquemitaines existent bel et bien et que des codes très précis régissent leur existence.

Lorsque l’un des plus puissants d’entre eux, le « Père-la-mort », se met en tête de le protéger, Elliott se retrouve plongé dans un terrible conflit au cœur d’un univers aussi terrifiant que fascinant dont il devient l’enjeu principal. Par une sombre nuit orageuse, le destin d’Elliott va s’accomplir…

Mathieu Salvia et Djet réinventent toute une mythologie de l’enfance dans un récit d’horreur tendre et un parcours initiatique sur le deuil et l’acceptation de la peur. Une aventure touchante et fantastique servie par un graphisme très moderne aux influences plurielles (jeu vidéo, animation, comics, manga).