Si 2016 marque une nouvelle année placée sous le signe d’une production éditoriale riche en comics pour Glénat, elle sonne aussi comme un rappel de ce que nous sommes, de ce que nous faisons et surtout de pourquoi nous le faisons : vous faire plaisir en nous faisant plaisir, de lire, de découvrir, de voyager, de frissonner et aussi de rire en plongeant de plain-pied avec nous dans la galaxie du neuvième art made in USA.

Pour notre tout premier édito, nous souhaitions donner la parole à notre conseiller artistique, Jean-David Morvan, compère et ami de toujours, car en matière d’histoire il s’y connaît, le bougre…

Glénat Comics

Éditer des comics n’est pas se donner un genre.

Sauf erreur de ma part, Glénat a été la première maison d’édition généraliste à en publier pour les libraires sous couverture cartonnée à partir de la fin des années 80, sous le label Comics USA.

Olivier Jalabert, directeur du label, en plus d’être un fanboy repenti devenu spécialiste, a ouvert Album Comics dans son incarnation actuelle et l’a fait prospérer tout en réalisant des piges pour Panini, ce qui nous a fait nous rencontrer pour la création de Wolverine : Saudade, dessiné par Philippe Buchet.

Quant à moi, sûrement comme beaucoup d’entre vous, j’ai appris à lire de la B.D. avec Strange, Titans et surtout Spécial Strange, et n’ai jamais arrêté de lire du comics après ça.

Le genre, en revanche, est véritablement de retour dans les comics.

L’époque durant laquelle les auteur(e)s américain(e)s devaient choisir entre l’underground et écrire des histoires pour des super-héros qui ne leur appartenaient pas, est belle et bien révolue.

Outre les “petits éditeurs indépendants historiques” (Kitchen Sink, Comico, Dark Horse, Tundra, etc.), Vertigo en fut le précurseur, avant même l’avènement d’Image Comics.

Oni Press, Boom!, IDW et les autres leur ont emboîté le pas, créant une lame de fond qui prend de l’ampleur tous les mois.

Désormais, les auteurs peuvent inventer leurs propres personnages en creator-owned (séries dont les droits appartiennent aux auteurs) et faire se dérouler leurs histoires dans le genre qui leur plaît. Comme dans la bande dessinée franco-belge, on peut désormais (re)lire du western, du fantastique, de la fantasy, du polar, de la science-fiction (etc) en provenance des USA.

Peut-être grâce à ces années d’interdiction de fait, le ton des histoires est désormais plus mature, alors que, paradoxalement, il a tendance à se lisser dans la production plus mainstream qui réfléchit peut-être davantage en production audiovisuelle.

Vous pourrez lire dans les interviews de scénariste à scénariste que quelques grands auteurs ont un avis assez tranché sur le sujet. Ils disent aussi que lorsqu’ils signent les droits d’adaptation en série TV ou en films de leurs comics, ils font très attention à pouvoir en garder le ton dans le produit final. Il faudra toujours bien évidemment faire quelques compromis, mais il en est fini des compromissions…

Pour moi, c’est une chance incroyable de pouvoir sélectionner des séries coup de cœur parmi tout ce qui sort aux États-Unis et d’avoir la chance de pouvoir vous en faire lire quelques-unes.

Nous espérons tous qu’elles vous plairont autant qu’à nous, car la destination finale de ces livres, c’est tout de même entre vos mains !

 

JDMorvan

Conseiller artistique pour Glénat Comics

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